Les projets de l’Estonie en matière de stratégie énergétique et de protection de l’environnement

Publié le 7 Octobre 2016

Les projets de l’Estonie en matière de stratégie énergétique et de protection de l’environnement

En conseil des ministres, jeudi dernier (6 octobre), le gouvernement estonien a présenté son plan de développement du secteur énergétique à l’horizon 2030 ainsi que son avant-projet de loi tendant à la ratification de l’accord de Paris sur la COP21.

 

Feuille de route gouvernementale en matière énergétique

 

Le gouvernement estonien a définit sa stratégie en matière énergétique à l’horizon 2030 qu’il remettra au Riigikogu pour approbation. Ce plan succède à celui qui avait été approuvé par le Riigikogu il y a sept ans et qui se projetait jusqu’en 2020.

Outre les objectifs qu’il vise et les activités qu’il prévoit de réaliser à l’horizon 2030 dans le domaine de l’énergie, le plan d’action du gouvernement définit des stratégies énergétiques allant même jusqu’en 2050.

Dans la dizaine d’années à venir, le gouvernement entend mettre en oeuvre cinq grandes actions en ce domaine. Il s’agit :

- de préparer le réseau électrique estonien pour qu’il puisse fonctionner dans la bande de fréquences utilisée dans l’Union européenne,

- d’améliorer l’efficacité de la consommation énergétique,

- d’augmenter la part des énergies renouvelables dans l’approvisionnement énergétique de l’Estonie,

- de diversifier les sources d’approvisionnement sur le marché du gaz, et enfin

- de réduire les coupures d’électricité chez les usagers.

Sur le point visant une consommation énergétique plus efficace, le plan gouvernmental insiste sur la nécessité d’une part, de restaurer des bâtiments afin d’en améliorer leur performance énergétique et d’autre part de moderniser l’éclairage des voies publiques et le système de chauffage urbain.

En ce qui concerne le développement des énergies renouvelables, le gouvernement souhaite la poursuite des actions engagées dans le but de parvenir à l’horizon 2030 à une part des énergies renouvelable de 50 % dans la consommation finale d’électricité et de 80 % dans le chauffage urbain.

Le gouvernement compte mettre grandement à contributation le marché de l’énergie pour atteindre cet objectif ambitieux. Il indique que l’environnement fiscal, la réglementation du marché de l’énergie, le prix des émissions de gaz à effet de serre devront être des facteurs favorisant l’investissement dans les énergies renouvelables. Aux termes du plan gouvernemental, l’intervention de l’Etat dans le secteur des énergies renouvelables doit être réduite au minimum.

Les projets de mise aux normes du réseau électrique estonien aux standards européens et de développerment de nouvelles connexions gazières ont pour objet de sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays et ainsi le rendre moins dépendant vis-à-vis de la Russie.

Enfin, le gouvernement se fixe comme objectif de réduire d’un demi voire d’un tiers à l’horizon 2030 le nombre de coupures d’électricité.

 

Les actions à mener en Estonie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre

 

Dans l’optique d’améliorer la qualité de l’air, le gouvernement estonien met tout d’abord l’accent sur le secteur des transports avec l’objectif de limiter la consommation de carburants.

Le plan précise également que, sur le territoire national, c’est en grande partie l’industrie des schistes bitumineux qui est amenée à exercer une influence sur la réduction des émissions de gas à effet de serre. Si le prix de l’électricité dans la région, le prix du pétrole sur le marché mondial et le prix des quotas d’émission de CO2, auxquels dépend le développement cette industrie, s’annoncent positifs et encouragent les investissements, la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des schistes bitumineux ne devrait pas poser de problèmes selon le gouvernement.

Le plan de développement du secteur énergétique à l’horizon 2030 adopté ce jeudi en conseil des ministres a été conçu en tenant compte du projet de loi sur la ratification de l'accord de Paris conclu au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Le projet de loi a été remis au bureau du Riigikogu.

 

Vers une ratification de l'accord de Paris sur la COP21

 

L’accord de Paris sur le climat, adopté le 12 décembre 2015 par l’ensemble des 195 Etats représentés, prévoit que l’Estonie s’engage à réduire de 40 % des émissions de CO2 d’ici à 2030. Le Parlement estonien devrait ratifier l’accord dans les prochaines semaines.

« C’est-à-dire que notre réduction d’émission de gaz à effet de serre serait d’ici à 2030 de 40 % mais à plus longue échéance, notre plan est de faire en sorte qu’à la moitié de ce siècle l’économie de l’Estonie arrive à ce que nos émissions diminuent de 80 % », annonce le ministre de l’écologie, Marko Pomerants, en conférence de presse, à l’issue du conseil des ministres.

Pour connaitre le point de vue des principaux intéressés sur la questions de la ratification de l’accord de Paris, les journalistes de la ERR ont interrogé Meelis Eldermann, directeur technique du groupe Viru Keemia, spécialisé dans la production des huiles de schistes bitumineux, d’énergie thermique et d’électricité ; l’une des plus grandes entreprises industrielles d’Estonie. Le responsable souligne que, en ce qui les concerne, ils sont favorables à l’accord sur le climat car les bases de celui-ci reposent dans l’ensemble sur des normes européennes existantes.

« Cela nous donne l’assurance que jusqu’en 2030 au moins on appliquera les mêmes règles que celles qui ont été adoptées dans l’Union européenne, sur le fondement desquelles nous avons construit tout notre environnement commercial innovant tourné vers l’avenir », explique-t-il aux journalistes.

Meelis Eldermann indique également que le goupe Viru Keemia tient déjà compte de l’accord de Paris sur le climat quand il accomplit ses activités économiques, mais qu’après 2030 il faudra voir dans quelle direction évoluera la politique climatique mondiale.

 

Sources : valitsus.ee et err.ee

 

Sur les enjeux énergétiques et environnement en Estonie, lire l’article de Vincent Dautancourt, Estonie: Indépendance énergétique versus environnement, du 1er octobre 2009, Revue « Regard sur l’Est » (http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1001)

Rédigé par Rodolphe Laffranque

Publié dans #Politique énergétique

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