Régionales estoniennes : après les élections, le temps des pourparlers

Publié le 20 Octobre 2009

Comme toujours en Estonie, que ce soit au niveau local ou au niveau national, en raison du mode de scrutin proportionnel appliqué dans le pays pour toutes les élections populaires, l’expression démocratique fait place aux manœuvres politiciennes ; l’une ayant pour effet de diviser, l’autre tendant à l’inverse au regroupement.

Ainsi, les joutes électorales terminées et leurs résultats connus, les formations politiques ayant obtenu une majorité relative dans les assemblées des 226 communes d’Estonie ont dès à présent entamé des négociations avec celles qui, il y a quelques jours, étaient leurs rivales pour constituer des coalitions destinées à soutenir le prochain exécutif municipal.

Le cas de Tallinn est assez intéressant car le Parti du centre, on le sait, a obtenu la majorité absolue des sièges du conseil municipal (44 sur 79). Pourtant, le lendemain de l’élection, il a fait savoir, par la voix de Jüri Ratas, membre de son bureau national et vice-président du Riigikogu, qu’il n’avait pas l’intention de diriger seul la capitale estonienne mais souhaitait avoir un ou plusieurs partenaires de coalition. « J’estime qu’il est juste de faire, autant que possible, une coalition. Plus elle est étendue et mieux c’est pour les tallinois », a-t-il dit.

D’un point de vue idéologique, le Parti centriste estonien préfèrerait s’allier aux sociaux-démocrates, encore faudrait-il que ces derniers l’acceptent. Il y a quatre ans, le Parti du centre leur avait proposé de former ensemble une coalition, mais les sociaux-démocrates avaient alors refusé de s’asseoir à la table des négociations, comme le rappelle Jüri Ratas. « J’espère que si nous faisons cette fois une proposition à notre partenaire ou à nos partenaires au sujet d’une possible coalition, nous aurons aussi la force d’y parvenir », confie-t-il. Le choix du Parti social-démocrate s’explique selon Jüri Ratas par le fait que sa plate-forme électorale ressemble le plus à celle du Parti du centre. « Lorsqu’en 2005, on a pu comparer la plate-forme électorale du Parti du centre avec celle des sociaux-démocrates, elles coïncidaient à pratiquement 70-80 %. (…) Seulement, nous n’avons pas l’expérience d’être avec les socialistes au conseil municipal de Tallinn, alors que l’avons avec le Parti de la réforme », souligne-t-il.

Mais pourquoi au juste, le Parti du centre cherche-t-il à former une coalition à Tallinn alors qu’il dispose de la majorité absolue des sièges au conseil municipal ? Le professeur de sciences politiques de l’Université de Tartu, Rein Toomla pense que le Parti du centre a tout intérêt à trouver un partenaire de coalition afin de ne pas être le seul à porter toute la responsabilité. « En dirigeant la ville avec un pouvoir absolu, le Parti du centre serait plus facilement la cible d’attaques », estime le politologue.

Rédigé par Rodolphe Laffranque

Publié dans #Elections locales du 18 octobre 2009

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