Les élections régionales de 2009 marquées par une forte présence des coalitions électorales

Publié le 16 Septembre 2009

Article modifié pour réactualiser les données statistiques!

A l’issue de la date de clôture d’inscription des candidats pour les élections régionales du 18 octobre 2009, on dénombre au total 15 337 candidats pour les 3076 sièges à pourvoir dans les 226 conseils municipaux que compte l’Estonie. Il y avait un peu moins de candidats lors des dernières échéances de 2005 (14 656).

 

Régions

Nombre total de conseils municipaux

Nombre total de sièges

Nombre total de circonscriptions

Harjumaa

24

444

31

Hiiumaa

5

57

5

Ida-Virumaa

22

278

22

Jõgevamaa

13

175

13

Järvamaa

12

162

12

Läänemaa

12

138

12

Lääne-Virumaa

15

233

15

Põlvamaa

14

162

14

Pärnumaa

20

270

21

Raplamaa

10

148

10

Saaremaa

16

178

16

Tartumaa

22

302

22

Valgamaa

13

159

13

Viljandimaa

15

207

15

Võrumaa

13

163

13

 

 

 

 

Total

226

3076

234

Source : Commission nationale électorale

 

On constate toutefois, par rapport au dernier scrutin municipal, une forte progression du nombre de candidats appartenant à des coalitions électorales et indépendants et une diminution du nombre de candidats affiliés à un parti politique.

 

En 2005

En 2009

Nombre de collectivités locales

227

226

Nombre de mandats

3111

3076

Nombre de circonscriptions électorales

240

234

Nombre de bureaux de vote

660

632

 

 

 

Nombre de partis politiques participant aux élections

11

(sur un total de 17)

8

(sur un total de 14)

Nombre de listes présentées par des partis

726

631

Nombre de listes présentées par des coalitions électorales

186

324

 

 

 

Nombre de candidats figurant sur une liste de parti politique

10972

9085

Nombre de candidats figurant sur une liste de coalition électorale

3617

6093

Nombre de candidats indépendants

67

159

Nombre total de candidats

14656

15337

Source : Commission nationale électorale


 

Il faut savoir que la loi sur les élections des assemblées des collectivités locales (kohaliku omavalitsuse volikogu valimise seadus), qui établit le cadre juridique du système électoral municipal en Estonie, autorise les candidats à former une coalition électorale et de se présenter sur cette liste commune. Ces coalitions électorales peuvent être constituées par les citoyens estoniens et/ou par les citoyens de l’Union européenne ayant le droit de vote. Il s’agit concrètement d’une association, créée afin de participer aux élections régionales et d’exercer un mandat à l’issue des élections, qui agit sur la base d’un contrat de partenariat conclu entre ses membres. En 2005, il y avait 186 coalitions électorales. Cette année, on en compte presque le double, soit exactement 336.

 

Interrogé au journal du soir de la chaîne ETV, mercredi dernier (9 septembre), le sociologue Juhan Kivirähk voit derrière la montée des coalitions électorales le signe d’une évolution de la société civile estonienne. « Je donne deux raisons à cela – tout d’abord, que la société civile est en train de se développer en Estonie. Nous avons de très petites collectivités locales, où se présenter comme candidat d’une coalition électorale est plus en phase avec la conception des élections régionales que de s’associer simplement à une liste partisane », explique-t-il. La seconde raison évoquée par le sociologue est liée aux résultats des dernières élections du Parlement européen qui ont montré, avec l’élection du candidat indépendant, Indrek Tarand, qu’il n’est pas forcément nécessaire d’adhérer à un parti politique pour obtenir un succès électoral.

Toujours au micro d’ETV, le professeur de sciences politiques de l’Université de Tartu, Rein Toomla avance comme autre explication à ce phénomène la perte de confiance dans les partis politiques. « Les enquêtes d’opinion indiquent qu’un cinquième de l’électorat fait entièrement ou assez confiance aux partis politiques. Cela veut dire que les quatre cinquième sont indifférents aux partis politiques ou alors ont un rapport négatif à leur égard », affirme le politologue.

Rein Toomla prévoit que, pour ces élections, les listes des coalitions électorales connaîtront un succès par rapport à 2005, mais pas au point de doubler leur score parce que, selon lui, elles ne sont populaires que dans les petites localités.

Rédigé par Rodolphe Laffranque

Publié dans #Elections locales du 18 octobre 2009

Repost 0
Commenter cet article