Le Gouvernement Ansip vient de passer le cap des deux ans d’existence

Publié le 7 Avril 2009

Le 5 avril 2007, le Gouvernement de coalition tripartite (RE - IRL - SDE) dirigé par Andrus Ansip entrait en fonction et devenait le 12e Gouvernement de la République d'Estonie depuis le retour de l'indépendance du pays. Composé du Premier ministre et de treize ministres, dont deux sans portefeuille (celui des affaires régionale et des affaires ethniques), ce Gouvernement n'a connu, jusqu'à présent, que deux remaniements. Le premier est intervenu en janvier 2008 avec l'arrivée de Siim Kiisler, en charge des affaires régionales, à la place de Vallo Reimaa et le second, le 23 février 2009, avec la prise de fonction de Hanno Pevkur au poste de ministre des affaires sociales à la place de Maret Maripuu.

Rares sont les Gouvernements estoniens post-soviétiques qui ont une durée de vie qui dépassent deux ans. Le record en la matière est détenu, pour l'instant, par Mart Laar avec deux ans et dix mois entre 1999 et 2002. A la mi-temps de la législature quadriennale, la question se pose de savoir si le Gouvernement Ansip parviendra à se maintenir au pouvoir jusqu'aux prochaines élections législatives de mars 2011.

Les politologues prévoient que l'automne s'annonce particulièrement difficile pour le Gouvernement, lorsque les élections européennes et régionales seront passées. Mais, quoi qu'il en soit, tous soulignent l'exploit accompli par Andrus Ansip pour sa longévité inégalée dans la fonction de chef de Gouvernement, qu'il occupe depuis le 13 avril 2005, soit quatre ans d'affilée, après la chute du Gouvernement de Juhan Parts lors de la précédente législature. « C'est déjà une performance unique et si, actuellement, quelqu'un devait écrire un article dans un manuel ou une encyclopédie, ce fait pourrait alors être signalé comme un phénomène sans précédent dans notre histoire politique », remarque le politologue de l'Université de Tartu, Rein Toomla.

Il y a deux ans, peu de monde pensait que le second gouvernement Ansip, formé de libéraux, de conservateurs et de sociaux-démocrates, durerait autant de temps. Il s'est maintenu malgré les tensions qui sont apparues entre les partenaires de la coalition et la crise économique qui a durement touché l'Estonie et entraîné la baisse de popularité du Gouvernement. Mais, comme l'affirme le politologue de l'Université de Tallinn, Tõnis Saarts, « c'est ainsi partout en Europe, qu'en temps de crise, la popularité du Gouvernement n'augmente pas ».

La première épreuve du Gouvernement Ansip II, quelques semaines après son entrée en fonction, fut les émeutes des 27 et 28 avril 2007 au centre ville de Tallinn, provoquées par sa décision de déplacer le « monument aux libérateurs de Tallinn », connu sous le nom de statue du soldat de bronze. Une décision qui, d'après Saarts, a eu pour effet de renforcer le soutien dont bénéficie le Parti de la réforme auprès des Estoniens de souche. Mais qui, selon Toomla, a fait perdre à la formation du Premier ministre son électorat russophone, particulièrement attaché à ce symbole de l'ère soviétique. « A la fin du Gouvernement Parts et au début du premier Gouvernement Ansip, les enquêtes d'opinion montraient que le soutien de la population russophone en faveur du Gouvernement était supérieur à celui des Estoniens. Cela paraît aujourd'hui absolument incroyable », note le politologue de Tartu.

Rein Toomla avoue n'avoir aucun grand reproche à adresser au Gouvernement mais constate, qu'au bout de deux ans d'exercice du pouvoir, l'actuelle coalition gouvernementale n'a produit aucune réalisation spectaculaire. « Si, il y a un an, l'euro, par exemple, avait été mis en circulation, on aurait pu dire que ce Gouvernement est vraiment parvenu à faire quelque chose d'unique », observe-t-il.

Rédigé par Rodolphe Laffranque

Publié dans #Gouvernement et crise gouvernementale

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