Le Parti du centre en tête dans les sondages aux régionales

Publié le 23 Mars 2009

Selon le sondage de l'institut Turu-uuringute AS publié aujourd'hui, lundi 23 mars, dans le quotidien Postimees, la principale formation d'opposition d'Estonie, le Parti du centre, remporterait les élections régionales, si elles avaient lieu actuellement. Sur les 963 personnes interrogées à travers tout le pays, 23 % ont répondu qu'elles voteraient pour le Parti du charismatique maire de Tallinn, Edgar Savisaar (K). Ainsi, il devancerait largement son principal rival, le Parti de la réforme, qui n'obtiendrait que 15 % des intentions de vote. Viendraient ensuite le Parti de l'Union pour la patrie-Res Publica avec 10 % des suffrages, les sociaux-démocrates (8 %), les Verts (6 %) et, en dessous de la barre des 5 % requis pour obtenir au moins un siège, l'Union du Peuple d'Estonie avec 3 %. « Si l'on regarde ces chiffres, ce qui saute tout de suite aux yeux, c'est que l'écart entre le Parti du centre et le Parti de la réforme s'est considérablement creusé », déclare le politologue de l'Université de Tartu, Rein Toomla, au journal Postimees. « En Estonie, huit points, c'est beaucoup et cela veut seulement dire que le Parti de la réforme a su perdre les 20 % de soutien dont il disposait au sein de la population russophone », avoue-t-il. Les non-citoyens estoniens, ressortissants de l'ex-Union soviétique, jouent ici pour beaucoup dans l'écart qui sépare les deux formations qui dominent l'échiquier politique estonien. La législation estonienne leur accorde effectivement le droit de vote aux élections régionales, ce qui n'est pas le cas pour les élections législatives. Ceci explique donc pourquoi, le sondage réalisé par le même institut, au même moment, auprès des seuls citoyens-électeurs estoniens, sur la question de savoir pour quel parti politique vous voteriez à l'élection du Riigikogu, montre que le Parti de la réforme devancerait celui du centre d'un petit point avec 19 % des intentions de vote.

Concernant les résultats qu'obtiendraient, aux régionales, l'Union du Peuple d'Estonie (ERL), le politologue confie aux journalistes que le Parti de l'ancien Président de la République a du souci à se faire, sans pour autant, selon lui, qu'il ait vraiment à craindre de ne pas dépasser la barre des 5 %. « Dans ces enquêtes, il y a un truc, c'est qu'elles sont menées dans des centres commerciaux, mettant ainsi de côté les personnes de plus de 75 ans », indique Rein Toomla. « Or, la part de ces personnes âgées dans le résultat final des élections est de 6 à 7 % et, en règle générale, c'est précisément parmi elles que se trouvent les électeurs de l'Union du Peuple », reconnaît-il.  Toujours selon le politologue, cette analyse ne doit pas totalement rassurer le Parti ERL car, on constate que l'électorat des séniors a de plus en plus tendance à aller vers le Parti du centre.


A l'échelon local, l'enquête révèle que le Parti du centre sortirait vainqueur des élections  régionales dans les zones géographiques du pays où réside une forte population russophone, à savoir dans la région d'Ida-Virumaa (42 %) et à Tallinn (37 %). Dans la capitale, le Parti du centre arriverait en tête avec un écart de 24 points sur le deuxième, le Parti de l'Union pour la patrie-Res Publica (13 %). Le Parti de la réforme n'occuperait que la troisième position avec 8 % des voix. Ce dernier serait par contre victorieux dans les régions du centre (30 %) et du sud de l'Estonie (21 %).

Rédigé par Rodolphe Laffranque

Publié dans #Elections locales du 18 octobre 2009

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Rodolphe Laffranque 24/03/2009 21:34

Bonsoir,
Vous avez raison. La crise économique et sociale (voir la progression dramatique du taux du chomage) joue en faveur des partis d'opposition, notamment en faveur du Parti d'Edgar Savisaar et au détriment du Parti du Premier ministre. Les restrictions budgetaires prévues dans la loi de finances rectificative pour 2009 adoptée le 20 février dernier et les diverses mesures libérales prises par le Gouvernement pour faire face à la crise (comme par exemple la réforme de la loi sur les contrats de travail largement favorable aux employeurs!) mais aussi dirigistes comme le fait de prévoir la baisse unilatérale des salaires dans la fonction publique de 7 % a mis à mal la popularite du Parti de la réforme. Ceci dit, les Estoniens ne sont pas prets a abandonner une politique libérale pour la remplacer par une politique social(ist)e. On le voit bien dans le sondage, le Parti de la réforme est toujours en tete aux législatives. La situation est toute autre s'agissant des régionales car dans ce cas il y a l'électorat russe. Celui-ci joue un role déterminant. C'est un électorat, dans l'ensemble, beaucoup plus demandeur d'une politique sociale que ne l'est généralement celui des citoyens estoniens.
Voilà pour ces quelques commentaires. Merci à vous pour l'interet que vous portez a l'actualité estonienne.
Rodolphe

corinne 24/03/2009 00:42

bonsoir,
ne peut-on voir également dans la hausse du Parti du centre (et/ou le recul du Parti de la réforme) un des effets de la crise économique ? Le Parti du centre ayant toujours été plus "social" et étant dans l'opposition, les électeurs pourraient face aux difficultés se replier vers cette formation. Est-ce, à votre avis, également une partie de ce que l'on observe dasn ce sondage ?
Et merci encore pour la richesse de ce site et la fréquence des posts.
Corinne