La Présidente estonienne Kersti Kaljulaid en visite d’Etat à Helsinki et à Riga

Publié le 24 Octobre 2016

Traditionnellement, les chefs d’Etat estoniens, nouvellement élus, réservent leurs premières visites officielles à leurs voisins directs au nord et au sud.  La Présidente estonienne Kersti Kaljulaid, en poste depuis le 10 octobre, n’a pas dérogé à la tradition en rencontrant, comme elle l’avait promis, jeudi 20 octobre, son homologue finlandais, M. Sauli Niinistö et le jour suivant, celui de la République lettone, M. Raimonds Vējonis. « Au vu des défis auxquels l’Europe doit faire face, une coopération régionale étroite entre les pays nordiques et baltiques est de plus en plus fondamentale. Nos plus grands alliés sont les Etats les plus proches de nous », explique la Présidente estonienne pour justifier ses visites d’Etat à Helsinki et à Riga.

Mme Kersti Kaljulaid avec le Président finlandais Sauli Niinistö

Mme Kersti Kaljulaid avec le Président finlandais Sauli Niinistö

Visite à Helsinki

A l’issue de leur rencontre, le Président finlandais et son homologue estonienne ont tenu une conférence de presse commune avec comme thème principal les questions de sécurité.

 

Interrogée sur d’éventuelles sanctions économiques supplémentaires contre la Russie, Mme Kaljulaid estime que si ces sanctions sont efficaces alors il serait bon d’en faire usage. Le Président finlandais ajoute que le recours à de telles sanctions n’est pas à exclure.

« C’est pour nous un sujet sensible », poursuit Mme Kaljulaid, « car les économies tant estonienne que finlandaise sont vulnérables ». « Mais nous devons regarder ce qui est en jeu : des vies humaines, aussi bien en Ukraine qu’en Syrie », insiste la Présidente estonienne.

 

Les deux chefs d’Etat admettent qu’il peut exister quelques différences entre eux dans leur façon de  dialoguer avec les Russes, mais dans l’ensemble leurs deux pays sont sur la même ligne en ce qui concerne leurs relations avec la Russie. « Nous sommes pour ainsi dire sur le même plan et parlons la même langue. Par conséquent, il n’est pas nécessaire d’employer impérativement les mêmes paroles. Nous acceptons totalement que les Etats aient différentes approches », souligne Mme Kaljulaid.

 

Interrogé par la ERR sur la question de savoir si la Finlande est prête à venir en aide à l’Estonie en cas de guerre, le chef de l’Etat finlandais réaffirme ce qu’il avait déjà dit par le passé, à  savoir que cette question induit que la Finlande, qui n’est pas membre de l’OTAN, devrait apporter son aide à un pays de l’Alliance atlantique sans qu’elle puisse bénéficier d’aucune garantie de sécurité. La Présidente estonienne intervient en disant que l’obligation première de l’Estonie, en tant que membre du Pacte atlantique, est de se défendre soi-même.

 

Mme Kersti Kaljulaid avec le Président letton Raimonds Vējonis

Mme Kersti Kaljulaid avec le Président letton Raimonds Vējonis

Visite à Riga

Reçue au château présidentiel par le chef de l’Etat letton, M. Raimonds Vējonis, pour un dîner officiel, jeudi soir, la Présidente estonienne s’est entretenue le lendemain avec son hôte, puis a rencontré Mme Ināra Mūrniece, la présidente de la Saeima, le Parlement monocaméral de Lettonie.

Dès qu’elle est arrivée à Riga, Mme Kaljulaid a fait savoir son souhait de développer une bonne relation de partenariat avec la Lettonie que ce soit dans l’OTAN et dans l’Union européenne tout au long de son mandat présidentiel. Selon elle, il est crucial que les Etats baltes coopèrent dans tous les domaines et qu’ils parlent clairement entre eux sur les sujets qui les divisent.

 

En conférence de presse tenue conjointement par Mme Kaljulaid et M. Vējonis, un journaliste letton demande à la Président estonienne pourquoi elle s’est rendue en premier en Finlande plutôt qu’en Lettonie. « Il n’y a qu’une seule moi. Je ne peux pas être à deux endroits en même temps », avoue Mme Kaljulaid précisant qu’il ne faut pas tirer de conclusions au fait qu’elle ait commencé sa visite par la Finlande et non par la Lettonie.

 

Il est intéressant de souligner que l’un et l’autre ont suivi la même formation universitaire. Ils sont en effet tous deux diplômés en biologie. « Dans la mesure où nous avons reçu une formation de biologiste, je crois que nous souhaitons tous les deux que l’Estonie et la Lettonie soient l’un des pays les plus verts du monde », avance M. Vējonis.  

 

Au sujet des thèmes abordés par les deux chefs d’Etat au cours de leur entretien, Mme Kaljulaid note ceci : « Nous avons parlé de la coopération économique et de sa prochaine visite en Estonie pour l’inauguration d’une des usines de fabrique de contreplaqués les plus modernes au monde dont la construction représente le plus grand investissement letton. Nous avons parlé de la coopération dans le domaine informatique et de l’harmonisation du système de signature électronique de sorte que nos deux systèmes puissent utiliser la signature numérique de l’autre ».

 

Le tandem présidentiel reconnaît qu’ils sont sur la même longueur d’onde à propos de la coopération entre les trois Etats baltes que ce soit dans le domaine de la sécurité, de l’indépendance énergétique et des réseaux de transport. Sur ce dernier point, il a été question du projet de voie ferroviaire Rail Baltica, lequel est soutenu par les deux chefs d’Etat. S’agissant du projet de gazoduc Nord-Stream-2 du géant russe Gazprom, l’un et l’autre considèrent qu’un tel projet n’est pas conforme aux objectifs de l’union énergétique et que sa justification juridique est trop vague.

 

Concernant les questions de défense, les Présidents estonien et letton font part de leur satisfaction quant à la coopération étroite au sein de l’OTAN et la décision de renforcer la présence militaire des alliés dans la région de la mer Baltique. « Pas la moindre protestation n’est venue des pays baltes ou des alliés de l’OTAN. Nous poursuivons notre coopération avec les alliés tant que cela est possible », annonce M. Vējonis.

 

La Président estonienne ajoute que la diplomatie est un puissant outil aux mains de l’Union européenne. Leur conversation portait également sur leurs relations réciproques vis-à-vis de la Russie et de la situation en Ukraine et en Syrie.

 

« Il est très important que dans toutes les formes de coopération auxquelles nous sommes parties nous ayons des positions assez proches. S’agissant des nombreuses questions sur lesquelles nos avis divergent au début nous devrions parvenir à une position commune et prendre une décision. Que ce soit sur les sanctions économiques contre la Russie, sur l’aide de tel ou tel Etat ou sur les questions migratoires », explique le Président letton.

 

Mercredi prochain, Mme Kersti Kaljulaid est attendue à Vilnius pour rencontrer son homologue lituanienne, Mme Dalia Grybauskaitė.

 

Source: ERR et Postimees

Rédigé par Rodolphe Laffranque

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Jean-Denis 24/10/2016 19:07

Kersti Kaljulaid est une bonne présidente qui représente l'Estonie avantageusement, elle devrais bien s'entendre avec Ségolène royal' " humour fiction" Mais pourquoi veux t elle sanctionner les Russes qui sont les seuls a aller au casse pipes ? bon ! personne n'est parfait !