L’agenda estonien en matière de défense pour les 10 ans à venir

Publié le 14 Octobre 2016

L’agenda estonien en matière de défense pour les 10 ans à venir

La sécurité : souci n° 1 des Estoniens

Les questions de sécurité et de défense ont constamment dominé les préoccupations des Estoniens. Depuis qu’elle s’est libérée du joug soviétique, il y a un quart de siècle, l’Estonie n’a eu de cesse de se rapprocher et se placer sous la protection des pays occidentaux. C’est ainsi que le petit Etat balte rejoint en mars 2004 l’Alliance atlantique puis quelques mois plus tard, en mai 2004, devient membre de l’Union européenne. Malgré cela et aussi pour cela, la présence de son grand voisin de l’est continue de constituer une menace pour sa sécurité ou, du moins, plonge le pays dans un sentiment d’insécurité que le conflit ukrainien actuel tend à accentuer. Dans son discours d’investiture prononcé, ce 10 octobre, devant le Riigikogu, la présidente de la République d’Estonie, Mme Kersti Kaljulaid, a insisté sur le fait que « notre plus grand problème n’est jamais l’économie. Notre plus grand problème est toujours la sécurité ».

Soucieuse de se protéger au mieux face à toute agression de son territoire avec les moyens dont elle dispose, l’Estonie accorde une place primordiale à l’élaboration d’une stratégie pluriannuelle en matière de défense nationale.

En l’occurrence, il s’agit du plan décennal de développement de la défense nationale (Riigikaitse arengukava) que le Gouvernement estonien a adopté le 27 août 2015 pour la période 2017-2026. Ce plan prolonge de quatre ans celui qui avait été défini pour la période 2013‒2022, lequel succédait au plan de développement de défense miliaire 2009‒2018.

 

Le plan estonien de développement de la défense nationale pour les années 2017-2026

Le plan de développement de la défense nationale est un document qui planifie, sur une dizaine d’années, les capacités militaires du pays. Il détermine les besoins en termes de défense en se basant sur les scénarios de menace potentielle ainsi que les perspectives de développement des capacités compte tenu de ce que permet le pays. Le document est revu et ajusté tous les quatre ans.

Pour la période 2017-2026, l’agenda militaire prévoirait, selon les informations recueillies par la ERR, notamment de créer un commandement spécialisé dans la cyberdéfense au sein de l’armée, d’acquérir plusieurs équipements militaires et d’augmenter considérablement le nombre de conscrits.

Concernant l’augmentation du nombre d’appelés au service militaire, le plan de développement de la défense nationale ferait passer ce nombre globalement de 3 200 actuellement à 4 000 pour le cycle prochain. Il serait également prévu d’accroitre la part des femmes parmi les appelés. Depuis 2012, l’Estonie permet aux femmes, âgées de 18 à 27 ans, d’effectuer leur service militaire sur la base du volontariat. Pour l’année 2016, sur exactement 3 274 appelés, 33 sont des femmes.

La ERR indique qu’en plus de l’acquisition de canons automoteurs et de canons anti-char, l’Estonie souhaiterait dans les années à venir s’équiper en drones (type UAV) pour des missions de surveillance et de renseignement.

Enfin, il aurait été décidé de développer les moyens permettant à l’Estonie, en cas de cyber-attaques militaires, non seulement de se défendre mais aussi d’apporter une réponse offensive à de telles agressions. Pour gérer au mieux cette situation de crise, il serait prévu de créer un centre d’opération et d’élaborer des modèles de sorte que les principales autorités nationales puissent, en cas d’attaques, continuer à agir quelque part ailleurs.

 

Source : ERR

Rédigé par Rodolphe Laffranque

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Jean-Denis 16/10/2016 21:03

La peur du Russe n'est qu'une crainte infondée et obsolète cette attitude n'est pas raisonnable mais compréhensible. Nous avons pardonné aux allemands d'avoir enfanté le nazisme, les russes ont pardonnés à Napoléons de les avoir sous estimés . Il est temps de tourner la page . Toute médaille à son revers: la conscription est une bonne chose pour resserrer les liens sociaux et faire passer des messages politiques positifs et faire le liens entre les différentes communautés et classes sociales. Espérons que la haine entre voisin disparaîtra. Les Estoniens russophones (ou les Russes d'Estonie) ne croient pas que l'Estonie sera envahie par la Russie pour eux c'est une plaisanterie...Mon point de vue n'est pas définitif je reste factuel ,cependant, l’Estonie est "condamnée" à s'entendre avec la Russie c'est inscrit sur les cartes géographiques ...

Jean-Denis 16/10/2016 21:03

La peur du Russe n'est qu'une crainte infondée et obsolète cette attitude n'est pas raisonnable mais compréhensible. Nous avons pardonné aux allemands d'avoir enfanté le nazisme, les russes ont pardonnés à Napoléons de les avoir sous estimés . Il est temps de tourner la page . Toute médaille à son revers: la conscription est une bonne chose pour resserrer les liens sociaux et faire passer des messages politiques positifs et faire le liens entre les différentes communautés et classes sociales. Espérons que la haine entre voisin disparaîtra. Les Estoniens russophones (ou les Russes d'Estonie) ne croient pas que l'Estonie sera envahie par la Russie pour eux c'est une plaisanterie...Mon point de vue n'est pas définitif je reste factuel ,cependant, l’Estonie est "condamnée" à s'entendre avec la Russie c'est inscrit sur les cartes géographiques ...

Rodolphe Laffranque 19/10/2016 08:45

Oui ce serait bien que le pardon viennent aussi de la Russie. Mais malheureusement, au lieu d'avoir un comportement pacifiste les Russes préfèrent avoir une attitude belliqueuse. C'est pas pour rassurer les Estoniens! Je suis d'accord, il ne faut pas tomber dans l'hystérie.