Cote de popularité des partis politiques estoniens et crises internes au sein des deux partis les plus populaires

Publié le 21 Octobre 2016

La cote de popularité des partis politiques estoniens en octobre 2016

L’enquête d’opinion réalisée ce mois-ci, à la demande de la ERR, par l’institut Turu-uuringute, à l’échelle nationale, montre que le parti du centre et le parti de la réforme continuent d’obtenir le plus large soutien de la part de la population. Il semblerait donc que les personnes interrogées n’aient pas trop tenu compte, dans leur choix, des graves divisions internes auxquelles font face actuellement ces deux partis. « Quand on voit l’opposition des leaders au parti du centre et l’échange de critiques au sein du parti de la réforme, les gens ne se précipite pas, pour cette raison, à soutenir un autre parti, mais peut-être vont-ils, tout simplement, arrêter de soutenir un parti. Aux prochaines élections, on verra bien vers qui ils vont aller »,  commente le directeur de l’institut Turu-uuringute, M. Juhan Kivirähk.

Le parti du centre (Keskerakond) obtient 26 % d’opinions favorables, le parti de la réforme (Reformierakond) 25 %, le parti social-démocrate (SDE) 12 %, le parti populaire conservateur (EKRE) 9 % et le parti IRL 7 %.

35 % des personnes interrogées ne se prononcent en faveur d’aucune formation politique. Ce sont les déçus de la politique selon M. Kivirähk.

 

La crise interne au sein du parti du centre et du parti de la réforme

A quel genre de problèmes le parti du centre et celui de la réforme sont-ils confrontés ?

Le parti du centre est en crise et menace de se scinder en deux ni plus ni moins. Deux courants s’y font la guerre pour la direction du parti depuis, notamment, que son président, M. Edgar Savisaar, est impliqué dans un énorme scandale de corruption auquel s’ajoutent de sérieux soucis de santé.  Un petit résumé de l’affaire judiciaire s’impose : suite à une enquête menée par la police de sécurité (Kaitsepolitsei), c’est-à-dire les services estoniens de renseignement intérieur (équivalent de la DGSI en France), le Parquet d’Etat a ouvert une information judiciaire, en septembre 2015, contre M. Savisaar pour corruption passive et trafic d’influence. Par décision de justice, ce dernier a dû suspendre ses fonctions de maire de Tallinn qu’il occupe depuis avril 2007. Au courant mené par M. Savisaar, lequel a le soutien, entre autre, de la députée européenne, Mme Yana Toom, s’oppose celui que dirige le trio formé de M. Jüri Ratas, Mme Kadri Simson et Mme Mailis Reps. Le politologue Tõnis Saarts souligne que ces deux courants renvoient à une opposition linguistique entre russophones et estophones. La communauté russophone soutiendrait le courant Savisaar tandis que la communauté estophone serait défendue par le courant Ratas-Simson-Reps.

Le parti de la réforme, quant à lui, traverse également une crise depuis que son président d’honneur, M. Siim Kallas, extrêmement déçu par les résultats de l’élection présidentielle à laquelle il était candidat, a menacé de créer son propre parti. Une information qu’il a pourtant démenti mais qui a semé le trouble à la tête du parti libéral dont il a été le fondateur et le président jusqu’en 2004.

 

Source : ERR

Rédigé par Rodolphe Laffranque

Publié dans #Sondages, #Scandales politiques

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